• Voltiger, aérienne, sur les pas d'un zombie


    Me voilà une grande fille : je retourne à présent en solo au restaurant, bravant les regards interrogateurs et/ou de pitié.

    Quel bonheur alors de pouvoir savourer en toute quiétude son plat au goût de caniche mouillé, puis son café mâtiné d'eau de vaisselle, sans même troubler l'ordre patriarcal public ! Un peu plus et je m'y serais installée des heures, à siroter un jus de litchi tout en lisant mon horoscope chinois (important).

    Certain-e-s d'entre vous s'étonneront peut-être en me lisant. Mais sachez que l'on m'a jadis menée la vie dure lorsque j'avais l'outrecuidance de m'imposer seule dans un lieu restauratoire (entre autres, évidemment) pourtant public. Je me suis souvenue en me réveillant de ces deux hommes qui m'avaient poussée violemment alors que je goûtais simplement d'un pain au chocolat dans une brasserie. Puis de cette bande qui avait cru bon de me donner une leçon en me balançant un verre d'eau dans la face, parce-que j'ignorais tout simplement leurs avances on ne peut plus lourdingues. Bien sûr, il y a aussi les patrons romantiques, qui, lorsque vous osez vous attabler seule dans un kebab, vous complimentent à propos de votre bouche merveilleuse avec un regard de pervers (et je vous assure que je ne peux pas être parano à ce point là !).

    Mon ami Fafa (un témoin oculaire ! En-fin ! ;o)), s'il me lit, pourrait également vous parler de ce charentonnais qui, dédaignant sans doute ma présence au comptoir, tentait tant bien que mal de me coller à la peau afin que je dégage vite fait (eh, comment que j'fais pour payer, mi ?).

    J'en ai bien d'autres à mon actif. Mais puisque ces espaces sont, me semble-t-il, à tout le monde, j'ai décidé d'affronter (certes, dans une moindre mesure) plutôt que de fuir.

    & advienne que pourra.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 5 Janvier 2007 à 00:28
    Voltiger, aérienne, sur les pas d'un zombie
    Merci pour le message laisse sur mon blog. Je comprends mieux votre combat et ses difficultes. Oui, l'espace public doit rester un espace ouvert a tous, et donc aux deux sexes. Oui, il faut refuser cette logique, qui tend, petit a petit a nous grignoter nos droits, et a nous decourager de sortir, pour nous cloitrer comme des enfoulardees. Cette islamisation rampante des esprits doit etre battue en breche, comme je l'ai dit, dans mon article sur l'irenisme. Bravo, et encore courage !
    2
    Vendredi 5 Janvier 2007 à 15:54
    Merci beaucoup, Naibed
    Je suis heureuse de constater qu'il existe des personnes lucides & compréhensives : je me dois donc de ne pas désespérer ! Savez-vous que j'ai mis des années pour trouver le courage d'écrire ce qui doit malheureusement paraître une banalité comme une autre, par peur de l'incompréhension et/ou de la moquerie ? J'ai bien conscience que mes récits doivent paraître "exagérés" pour certain-e-s. Mais je voudrais attirer tout simplement l'attention sur ces points qui, mine de rien ou presque, nous ravagent nos quotidiens de femmes. J'espère que l'on nous comprendra, nous souhaitons avant tout Paix et Quiétude (ce qui, certes, devrait aller de soi), il faut qu'on nous entende enfin. Cha*
    3
    Samedi 6 Janvier 2007 à 15:43
    eh bien
    C'est exactement ça, les femmes aujourd'hui dans paris essentiellement. Impossible de se ballader sans se faire accoster, impossible de se défendre quand on est face à une bande de petits chercheurs de merde, car quoique l'on fasse ou dise, ils ont le dessus et on ne peut que tenter de minimiser les dégats en gardant son calme, mais impossible de proclamer son autorité quand on est le plus faible, sur le moment. Mais bon, puisqu'on ne peut y échapper, autant l'affronter. Autant assumer la vie telle qu'elle est, sinon on peut se morfondre toute sa vie et rater de grandes choses. Se battre pour vivre. C'est la loi de l'humanité, ou que l'on soit. bee zoos here! api
    4
    bN
    Samedi 6 Janvier 2007 à 22:20
    Et oui..
    Comme disait ma grand-mère "de toute façon les hommes c'est tous des salauds".....La seule chose qui cloche dans la phrase précédente, c'est l'emploi du passé, ma grand-mère étant encore de ce monde^^
    5
    Dimanche 7 Janvier 2007 à 02:18
    Drôle de monde...
    API > Oui, c'est effectivement bien triste d'en arriver là. & il se trouve toujours des gens pour te dire que "si l'on t'emmerde, c'est de ta faute, car tu n'avais qu'à pas t'habiller comme ça, te trouver à cet endroit là, etc, etc." Bref, on n'est pas loin de ces histoires de femmes maudites & tentatrices... ;o) Sympa d'enfoncer le clou rapport à une personne qui est déjà fragilisée par une agression, aussi. Et de la laisser reprendre son "rôle" (!) pour avoir la paix (et encore). Tu as fermé ton blog ? C'est dommage, j'aimais bien ta façon d'écrire. bN > "Tous", je ne pense pas, disons que j'ai encore l'espoir de croire qu'il existe des gens bien un peu partout, respectueux & solidaires, tout simplement. Cela dit, il suffit que je me fasse emmerdouiller par deux cas par jour sur le millier de personnes que je peux croiser pour que cela me marque suffisamment et me fasse penser qu'il y a tout de même un gros problème. Encore une fois, l'espace public est à tout le monde, et personne n'a à y faire sa loi. Je ne pense pas qu'une femme "provoque" en s'installant seule à une table de restaurant, ou alors c'est qu'il y a un souci dans certaines têtes, et qu'il faut arrêter de se laisser lobotomiser par des productions machistes (vous savez ce que j'en pense ;o) qui laissent sous-entendre qu'une femme seule dans la rue ou dans un bar est une "salope qui cherche", et "qu'un NON veut dire OUI". Bref, trève d'égarements et Bon Courage à toutes ! Cha*
    6
    Jeudi 11 Janvier 2007 à 21:37
    Les hommes ...Ce son
    t tous les même ! Aucun respect envers nous, ils pensent que tout leur est dû, et ils ne comprennent pas ce que nous pouvons être au fond de nous ... nous ne sommes pas de la viande purée, mais quand vont ils le comprendre ??? Quand ???
    7
    Vendredi 12 Janvier 2007 à 14:39
    C'est vrai...
    ... Que parfois, je me le demande aussi. Faut pourtant pas avoir fait psycho (non, surtout pas ! ;o)) pour comprendre que derrière chaque orifice se cache un être humain, mais bon, à croire que certains ont besoin de se valoriser bêtement avec ces rapports de domination. Pour l'heure, je crois qu'il est important d'essayer de s'entourer de quelques bon-ne-s ami-e-s, qui nous considéreront alors pour ce que nous sommes, car être pris-e pour de la viande ou quelques trous béants peut effectivement être très destructeur à la longue. C'est en cela que je milite, à mon niveau, pour le respect humain et la véritable libération sexuelle, loin des dogmes, des carcans et des violences que l'on connaît. Bon courage à toi. Biz. Cha*
    8
    Dimanche 14 Janvier 2007 à 10:56
    Chaminou,
    tu m'émerveilles :)
    9
    Dimanche 14 Janvier 2007 à 15:18
    beu
    j'ai pas compris le délire du " Sympa d'enfoncer le clou rapport à une personne qui est déjà fragilisée par une agression, aussi. Et de la laisser reprendre son "rôle" (!) pour avoir la paix (et encore).", j'espere que j'ai rien dit de mal.. En tout cas c'était pas intentionnel.. Oui j'ai été obligée de fermer mon blog, je suis en train d'en refaire un si ça te dit, mais bon c'est pas vraiment la meme chose, je trouve. Bee zoos. api
    10
    Dimanche 14 Janvier 2007 à 22:05
    Don't Worry
    Api > T'inquiète ! Le "sympa de vouloir enfoncer le clou" symbolisait les discours culpabilisateurs face à une personne qui a déjà été malmenée ("Ne t'étonne pas de ce qui t'arrives, tu l'as bien cherché, blabla"... ;o)). Bref, au lieu de remettre en question le comportement de l'agresseur, on s'en prend à l'agressé-e. Cosmic Dancer > Tout simplement... Merci ! :o)
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