Et voilà : c'était couru et j'aurais bien dû m'y attendre... Chaque année, c'est le même topo. Alors qu'on croit en avoir fini avec la féérie de Noël, sa déferlante de boustifaille et ses guirlandes clignotantes de bonheur familial feint, voilà qu'on nous gonfle illico avec cette festivité à la noix de pseudo-amoureux de mes deux (ovaires) qui pue le fric et l'hypocrisie. Retransmission des frasques Bridgettines sur la chaîne favorie des français, vitrines emplies de coeurs d'une kitscherie sans nom, pubs intempestives qui viennent se coller sur mon écran telle une rosâtre guimauve longuement pré-mâchouillée par un cocker sénile, les nunucheries sont là, n'en jetez plus, je n'en veux plus...
Mais me laisse-t-on le droit de choisir ou d'envisager la célébration du couple autrement ?! Que nenni ! Pensez-vous... Ce serait trop dangereux pour l'économie ! Plus que jamais, on pose et impose, compose et propose... Toute une série de rites et d'objets stéréotypés pour cou-couple hétéro en mal de conventions abjectes.
Bien entendu, lorsque je critique de vive voix cette occasion de "prouveeer son amooour" (mais oui, c'est ça) par une bagouze plaqué or ou un dîner aux chandelles sur fond de synthé Bontempi (oui, vraiment, tant pis), on me taxe illico de jalouse rabat-jôa, puisqu'il est vivement conseillé de tendre vers cette norme [le couple hétéro] et ses moeurs événementielles d'un goût douteux. Cela dit, puisqu'il est d'usage que le peuple soit guidé et non instruit, allons-y gaiement, montrons-lui LE chemin, et que ces loosers de célibataires incapables se morfondent seuls dans leur canapé en skaï, pop-corn ou quenelle à la main pour la consolation, c'est selon.