Me voilà une grande fille : je retourne à présent en solo au restaurant, bravant les regards interrogateurs et/ou de pitié.
Quel bonheur alors de pouvoir savourer en toute quiétude son plat au goût de caniche mouillé, puis son café mâtiné d'eau de vaisselle, sans même troubler l'ordre patriarcal public ! Un peu plus et je m'y serais installée des heures, à siroter un jus de litchi tout en lisant mon horoscope chinois (important).
Certain-e-s d'entre vous s'étonneront peut-être en me lisant. Mais sachez que l'on m'a jadis menée la vie dure lorsque j'avais l'outrecuidance de m'imposer seule dans un lieu restauratoire (entre autres, évidemment) pourtant public. Je me suis souvenue en me réveillant de ces deux hommes qui m'avaient poussée violemment alors que je goûtais simplement d'un pain au chocolat dans une brasserie. Puis de cette bande qui avait cru bon de me donner une leçon en me balançant un verre d'eau dans la face, parce-que j'ignorais tout simplement leurs avances on ne peut plus lourdingues. Bien sûr, il y a aussi les patrons romantiques, qui, lorsque vous osez vous attabler seule dans un kebab, vous complimentent à propos de votre bouche merveilleuse avec un regard de pervers (et je vous assure que je ne peux pas être parano à ce point là !).
Mon ami Fafa (un témoin oculaire ! En-fin ! ;o)), s'il me lit, pourrait également vous parler de ce charentonnais qui, dédaignant sans doute ma présence au comptoir, tentait tant bien que mal de me coller à la peau afin que je dégage vite fait (eh, comment que j'fais pour payer, mi ?).
J'en ai bien d'autres à mon actif. Mais puisque ces espaces sont, me semble-t-il, à tout le monde, j'ai décidé d'affronter (certes, dans une moindre mesure) plutôt que de fuir.
& advienne que pourra.